Cela fait maintenant plus de vingt ans que Robert Mugabe est président du Zimbabwe, n’hésitant pas à fausser les résultats des scrutins et à écraser les éventuels opposants à son pouvoir pour se faire réélire à chaque élection.

Alors que de nouvelles élections ont lieu en ce moment même dans le pays, les occidentaux appellent le Zimbabwe a un dépouillement impartial, les sommant de publier les résultats aussi vite que possible pour prouver l’indépendance du scrutin. Si les élections se déroulent sans fraudes, une victoire de l’opposition serait probable, et le Zimbabwe sortirait alors de 20 ans de dictature sanglante.

Pourtant, Robert Mugabe fut désigné pendant de nombreuses années comme l’un des « pères de l’indépendance » de l’ancienne Rhodésie du sud (devenue le Zimbabwe). En effet, il a été l’un des principaux acteurs de l’indépendance de la Rhodésie, qui fût jusqu’en 1980 une colonie Britannique. Robert Mugabe, pro indépendantiste, devient le premier ministre du nouvel état du Zimbabwe, avec son parti le ZAPU (Zimbabwe African Peoples Union), fermement marxiste et anti-colonialiste.

Au pouvoir, Mugabe tente de bâtir un nouveau pays sur la base d’une alliance entre les deux Ethnies Shonas et Ndébélés. Mais les revendications et les attentes sociales des Shonas l’entraînent à mener une politique plus nationaliste et ethnique. Après cinq ans de guerre civile dans le pays, où la répression est particulièrement sanglante, un accord de paix est signé en 1987. Cette année marque également la fin de toute représentation blanche dans le pays et signifie pour Mugabe le début de la toute puissance : sans opposition au parlement, le pays vit sous un régime de parti unique. Mugabe s’octroie donc la fonction de président, il a des pouvoirs élargis et aboli le poste de premier ministre. Sans véritable opposition, Mugabe est réélu sans surprise en 1990, puis en 1996.

Longtemps considéré comme le libérateur du pays, Mugabe est devenu un dictateur qui a fait plonger le Zimbabwe, suite à ses réformes agraires, dans une pénurie alimentaire sans précédent. Le président, ouvertement raciste, reconnaît également que son régime a régulièrement recours à la torture.

En mars 2002, lors des élections présidentielles, Robert Mugabe use une nouvelle fois de la violence et des fraudes électorales pour se faire réélire. Suite à ces fraudes, le Grande-Bretagne tente, avec les pays du Commonwealth, de mettre en place des sanctions.

Mais les pays Africains membres soutiennent le dictateur, justifiant son comportement par les abus du colonialisme. Dorénavant interdit de séjour en Europe et aux Etats-Unis, Mugabe met fin au semblant de démocratie et limite drastiquement la liberté de la presse, étouffe l’opposition et abuse de la torture et des assassinats. Alors que le pays s'enfonce dans une crise sans précédent et que 70% de ses citoyens sont sans emploi, le pays autrefois prospère doit souscrire au programme alimentaire mondial tandis que les élites, blanches comme noires, émigrent.

Robert Mugabe est également condamné par l'ensemble des pays occidentaux et par des organisations telles que Amnesty International pour atteintes aux droits de l'homme. Aujourd’hui, le président Mugabe brigue une nouvelle fois, à 84 ans, sa place de président du Zimbabwe.

Une chose est sûre, tous les regards sont tournés vers ce pays qui a peut être aujourd’hui une chance de s’en sortir si l’opposition arrive au pouvoir, et si les élections ne sont pas faussées…