La FED (Réserve fédérale américaine) a continué hier sa lutte contre la crise financière et la récession en abaissant de nouveau son taux directeur à 2,25%. Cette baisse de trois quarts de point est expliquée par la détérioration des perspectives économiques et des tensions sur les marchés.
Depuis la fin de l'été dernier et le début de la crise des subprime (crédits hypothécaires à risque), le taux directeur américain avait été réduit de trois points. Ensuite en janvier, la banque centrale avait déjà baissé son taux directeur de trois quarts de points.
La banque centrale a également abaissé de trois quarts de point son taux d'escompte, utilisé par les banques en cas d'urgence, pour le ramener à 2,50%.
Le président de la FED (Ben Bernanke) a déclaré que "les marchés financiers restent soumis à des tensions considérables", et "le resserrement des conditions du crédit ainsi que que l'aggravation de la contraction immobilier risquent de peser sur la croissance économique au cours des prochains trimestres". "Il reste des risques pour la croissance", a-t-il résumé, ce qui souligne que la FED continue de donner la priorité à la lutte contre la récession face aux menaces inflationnistes.
La crainte même de Ben Bernanke, le président de la FED, est d'entrer dans une période de déflation comme avait pu connaître le Japon pendant plus de 10 ans. Si cela devait se produire, cette inflation négative aurait des répercussions énormes à travers le monde et pourrait voir émerger une nouvelle économie dominante.
De son coté, la position de Jean-Claude Trichet, le Président de la BCE, a été de réitérer ses craintes à propos de l’inflation qui “reste préoccupante en Europe“. Un assouplissement de la politique monétaire européenne ne semble donc pas d'actualité dans l'immédiat.